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Si elle a laissé ses taux inchangés hier, à 3,25 %, lors de la réunion de son conseil des gouverneurs à Francfort (lire page 33), la Banque centrale européenne s'apprête à les augmenter le mois prochain pour la sixième fois depuis décembre 2005. Son président, Jean-Claude Trichet, s'est employé hier à conforter les marchés dans l'idée d'un relèvement - probablement d'un quart de point - des taux directeurs de la BCE lors de la réunion du 7 décembre. " Une grande vigilance reste nécessaire ", a-t-il indiqué au cours de sa conférence de presse, ajoutant : " Je ne dirai certainement rien qui puisse contredire les attentes des marchés pour la fin de l'année. "
Les raisons qui le conduisent à confirmer sa stratégie de resserrement des conditions monétaires n'ont pas changé depuis le précédent tour de vis, début octobre. " Si les hypothèses de croissance et d'inflation de la BCE se confirment, a-t-il dit, alors il sera nécessaire d'ajuster de nouveau le caractère accommodant de la politique monétaire. " Or les données conjoncturelles confirment la reprise économique dans la zone euro. La production industrielle reste tonique depuis son rebond en août et, si l'on en juge par le moral des entreprises, la croissance devrait afficher des performances supérieures au taux de croissance potentiel (2 %) au cours des trimestres à venir. Une dynamique confirmée, hier, par la publication d'un très bon indice PMI des directeurs d'achats du secteur manufacturier, à son plus haut niveau depuis trois mois (57 points).
" Les risques pour la stabilité des prix restent clairement à la hausse ", a même souligné le président de la banque centrale, qui balaie d'un revers de main les chiffres très modérés de l'inflation dans la zone euro en septembre (1,7 %) et en octobre (1,6 %). Pour Jean-Claude Trichet, ces bons résultats sont provisoires.
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Il est convaincu que l'inflation remontera au-dessus de 2 % en 2007. Selon lui, le danger existe toujours de voir les précédentes augmentations des cours du pétrole se répercuter sur les prix à la consommation et sur les salaires. Même si, relèvent les experts de BNP Paribas, les récentes négociations salariales menées en Allemagne n'ont montré qu'une hausse modeste des exigences en termes de rémunération. La hausse de la TVA à venir en Allemagne début 2007, l'ampleur persistante des liquidités - à travers l'indicateur M3 - et la croissance toujours soutenue des crédits au secteur privé demeurent autant de signaux alarmants aux yeux de Jean-Claude Trichet.
S'il est très clair sur sa stratégie monétaire d'ici à la fin de cette année, le président est en revanche muet sur 2007. Certains économistes misent sur une pause justifiée par un ralentissement de la croissance attendu en Allemagne (en raison de la TVA), en Italie (du fait du budget de rigueur) et aux Etats-Unis. D'autres parient sur un nouveau relèvement des taux qui serait exigé par la robustesse de la croissance dans la zone euro.
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